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Népal

Chitwan National Park

9 avril 2018

9 avril 2018, Sauraha.

C’est vers 7h pendant mon p’tit déj que Samira, le gérant du homestay, se rappelle soudainement que si mon bus pour Chitwan ne franchit pas les montagnes avant 10h la route est ensuite fermée pour travaux jusqu’à 16h ! Je fonce dans ma chambre jeter mes affaires dans mon sac et dix minutes plus tard je grimpe dans le premier transport que je trouve. Après quelques minutes à dévaler les virages j’atteins la route principale où j’arrive à trouver une place dans un bus touristique. Enfin une place, un mini-tabouret posé dans l’allée centrale à côté de la porte. On m’annonce deux heures de trajet, on en mettra en fait quatre, sur  une route complètement défoncée, en travaux un peu partout. Heureusement une petite népalaise en vacances avec ses parents me fait la conversation pour travailler son anglais.

Au fil des kilomètres le relief devient de plus en plus plat. Nous arrivons dans le Teraï, la partie la plus au sud du Népal. Les montagnes disparaissent et laissent place à d’avantage de verdure, de rizières et de bananiers, l’air se réchauffe et devient moite. A cette période de l’année il fait tous les jours entre 30°c et 40°c.

Arrivé à Sauraha, au bord du parc national de Chitwan, je réserve un safari de quatre jours à pied auprès de United Jungle Guide Service. De nombreux éléphants domestiques se baladent dans les rues, je suis mal pour eux… Je passe la soirée au River Retreat Center, un repaire de hippies excentré bien tranquille au bord de la rivière, avant de retourner dormir dans un hôtel dans la rue principale.


10 avril 2018, Chitwan
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J’étais déjà légèrement enrhumé la veille, et j’ai toussé toute la nuit. C’est donc crevé, avec un mal de crâne et fiévreux, qu’à 7h00 j’embarque avec mes deux guides pour deux heures de canoë dans le parc. L’accès au parc est très réglementé, il faut être accompagné au minimum de deux guides certifiés et se signaler aux rangers ou militaires aux checkpoints d’entrées et sorties. Le parc abrite de nombreuses espèces animales en grand danger d’extinction, comme le rhinocéros à une corne ou le tigre du Bengale. A l’exception des rangers qui patrouillent il est formellement interdit d’y rester la nuit.

On peut visiter le parc à dos d’éléphant – pour ceux qui acceptent de cautionner la torture d’animaux sauvages – ou en jeep, deux approchent qui offrent un minimum de sécurité en cas d’attaque par un animal sauvage. J’ai préféré l’autre option, le safari à pied, idéal pour approcher discrètement la faune et aller là où les jeeps ne passent pas. On m’explique avant de partir quelques règles en cas d’attaque : si c’est un rhino qui charge, courir jusqu’à l’arbre de plus proche, ou bien en zig-zag, et laisser tomber son chapeau pour faire diversion et gagner quelques secondes. Pour un ours il ne faut pas bouger, rester groupés et faire du bruit, se montrer menaçant, pour le faire fuir (ou pas). Avec le tigre, rester très calme, le regarder dans les yeux, et reculer tout doucement en priant. Et enfin en cas de charge d’un éléphant pas de règle, détaler le plus vite possible ! Parc protégé oblige, les guides sont armés de puissants… bâtons de bambou.

En montant dans le canoë qui vacille, Prakash, un de mes deux guides, me dit de faire attention à ne pas tomber car le crocodile veille. Je rigole, avant de voir qu’il y a vraiment un crocodile tapis dans l’eau à seulement quelques mètres…

Et pendant la descente de la rivière on verra de nombreux autres crocodiles : le gavial, facilement reconnaissable avec ses mâchoires étroites et allongées, mesure jusqu’à six mètres mais il est piscivore (donc sans danger pour l’humain). Et le crocodile des marais, plus massif, et lui totalement carnivore…

On accoste ensuite pour quelques heures de marche dans la jungle. Au passage “chitwan” signifie “au cœur de la jungle“. Le guide décide rapidement de quitter le sentier – en me demandant d’abord si je n’ai pas d’objection – pour nous enfoncer dans la végétation.

On ne verra pas grand chose pendant la matinée, sinon une multitude biches et d’oiseaux multicolores. De mon côté j’ai de plus en plus de fièvre, un mal de crâne difficilement supportable, et malgré mes efforts j’arrive à peine à marcher. A la pause du midi je gobe un cachet et je m’effondre dans un douillet tapis de feuille. Je sombre pendant une bonne demi-heure et ça va déjà un peu mieux après.

L’après-midi sera plus fructueux car au total on croisera la route d’une vingtaine de rhinocéros. A approcher avec précautions, s’ils se sentent menacés ils peuvent charger, et il faut savoir qu’ils courent beaucoup plus vite que nous !

En fin de journée on retrouve un brin de civilisation en sortant du parc, pour prendre un bus local qui nous rapprochera du village où on doit dormir. Bus qui se trouve être plein à craquer, l’occasion de grimper sur le toit pour profiter du voyage cheveux au vent. Et d’être ainsi aux premières loges quand le bus s’arrête à côté de deux rhinos qui broutent tranquillement au milieu des arbres sur le bord de la piste !

Il faut ensuite marcher de nouveau une demi-heure, puis traverser la rivière à la tombée de la nuit pour accéder au village. Traverser la rivière à pied. Rivière dans laquelle on a vu plein de crocos toute la journée. Youhou !

Le village Madi est tout petit, essentiellement constitué de huttes aux murs en terre, il y a plein d’animaux de ferme, la cuisine se fait à même le sol près du four à bois. Je me fais plein de nouveau copains chiens. C’est calme, l’ambiance est super, tout le monde est souriant, et il y a deux trois autres touristes comme moi avec qui on partage le repas dehors sur une grande table. Il y a même un peu d’électricité pour s’éclairer ! Pas d’eau pour la douche, la citerne est vide. Heureusement qu’il y a une moustiquaire au dessus de mon lit car la chambre est bien ouverte sur l’extérieur et je ne sais pas quel genre de bestioles on peut rencontrer la nuit par ici.

Je gobe le dernier cachet que je gardais précieusement pour la nuit et je sombre immédiatement sur la douceur du matelas en bois.

Pour les photos j’étais très frustré de ne pas avoir de téléobjectif, il fallait prendre de loin ou s’approcher pour les gros plans !