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Islande

Islande épisode 1 : le jour le plus long

3 août 2018

3 août 2018, Reykjavik.

Le Boeing 738 de Transavia décolle de Paris le 3 août à 22h30, au soleil couchant. Comme nous volons en direction du nord-ouest la vue par le hublot permet de voir un soleil qui n’en finit par de se coucher, il reste rougeoyant sous l’horizon. Le ciel devient même de plus en plus clair pendant les trois heures de vol, donnant la drôle d’impression d’être non plus dans un avion mais plutôt dans une machine à remonter le temps.

L’arrivée au dessus de l’île offre une vue sur la côte tourmentée et les larges fumerolles qui s’échappent du sol en activité.

Survol de l'Islande en avion

En repassant sous les nuages à l’arrivée à Keyflavik il fait de nouveau bien nuit. Bagage récupéré, je mets 45 minutes en bus pour rejoindre Reykjavík (situé à 40km) puis le camping où je dois passer la nuit. Il est déjà 2h30 quand je commence à poser le camp. Il ne pleut plus mais l’herbe est détrempée, marécageuse par endroits. Le montage de cette nouvelle tente sera rendu d’autant plus difficile que ma lampe frontale décède au bout de 2 minutes… et je galère donc dans le noir et la boue pendant une heure avant de pouvoir me glisser dans mon duvet ! Le soleil se levant à 4h30 à cette période, il commence à faire jour quand j’essaie de m’endormir dans le bruyant camping.

Levé à 6h00 avec seulement deux petites heures de sommeil, et remontage rapide du camp pour ne pas rater le car à 7h00 qui peut m’emmener au départ du trek à Skógar, à 150km au sud-est de Reykjavík. Ce trajet prendra environ 3 heures. Le matin même j’ai revu dans une brochure une photo de l’épave d’un avion crashé sur une plage, un des trucs que je voulais vraiment voir en Islande, et je réalise que ce n’est pas loin de Skógar. Ce serait trop bête de rater ça, je négocie donc auprès du chauffeur qu’il me dépose là bas.

Il n’y a qu’un petit parking, il faut marcher 7km pour rejoindre la plage de Sólheimasandur et la fameuse  épave. Il fait beau, j’attaque cette première rando en t-shirt. Mais diable que ce sac est lourd…

Heureusement le spectacle méritait bien ce détour, quelle vue ! La carcasse ce DC-3 de l’US Navy crashé en 1973 offre un spectacle peu commun, le fuselage (où ce qu’il en reste) blanc sur le sable noir, dans une étendue désertique, avec la mer et les montage en fond. Ce voyage commence fort !

Les 7km refaits en sens inverse me voici de retour au parking, je suis alors à 10km de Skógar et il n’y a aucun bus ici. Je tente donc le stop, qui ne s’avère pas une franche réussite. Je reste sur le bord de la route plus d’une heure, à regarder passer d’énormes 4×4 islandais tous pratiquement vides… Heureusement deux touristes suisses dans une minuscule voiture s’arrêtent enfin et me déposent à la première étape du trek, la fameuse cascade de Skógafoss.

Auto-stop islande

Auto-stop peu efficace…

La chute fait plus de 60m de haut pour 25m de large, et même à une distance correcte on ressent le fracas de l’eau et je suis vite trempé par les embruns.

Skogafoss - Skogar
Il est déjà 15h, je sors le réchaud pour déjeuner rapidement et j’attaque pour de bon le trek. Objectif: le refuge de Baldvinsskáli à 13km.

Le sentier grimpe dur dès le départ, après les 14km de ce matin, ma mini-nuit et le manque d’habitude du lourd sac j’avoue que j’en chie un peu… mais le paysage offert par les multiples cascades qui jalonnent l’étape fait tout oublier ! Le blanc du torrent, le vert fluo de la végétation colorée par les variations de lumière, c’est une des plus belles vues que j’aurai de tout le trek. Cette étape vaut vraiment le coup !

Skoga Islande

Je monte de 1000m, il fait de plus en plus froid et la neige se fait de plus en plus présente autour de moi. Il est 21h quand j’arrive enfin au refuge de Baldvinsskáli, encerclé de neige. Il  n’y a là que 2-3 tentes, et je galère encore une fois à installer la mienne: je commence à (un peu) mieux la connaître, mais le sol n’est que roche volcanique et les sardines s’y fracassent. Je bricole donc avec de grosses pierres pour monter un camp qui résiste au vent. Ca souffle fort et froid, et il paraît que ce sera pire cette nuit… Mon installation est bancale, je croise les doigts !

quechua quickhiker ultralight Islande

Je profite de la chaleur du refuge pour me faire à manger rapidement, et je me glisse dans ma pitoyable tente vers 22h30.

Je suis réveillé plusieurs fois par le vent, la toile claque dans tous les sens, il ne fait jamais vraiment nuit, et le levé du soleil à 4h30 achève de me réveiller. définitivement.

 

Galerie photo de l’étape