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Islande épisode 5

Arrivée à Landmannalaugar

8 août 2018

8 août 2018, Landmannalaugar.

La tente a tenu la nuit, et j’ai même plutôt bien dormi (jusqu’à 6h). Je quitte le refuge de Hvanngil à 7h30 pour attaquer l’avant dernière étape du Laugavegur, en direction du refuge de Hrafntinnusker. Le vent est moins fort qu’hier mais ça souffle quand même fort : comme il vient du nord il est très froid et je l’ai de face en permanence, ce qui rend chaque pas plus difficile. Pendant plusieurs heures sans interruption c’est même éreintant. Au moins aujourd’hui le ciel bleu est de retour !

Je fais peu après une pause à Álftavatn, au bord d’un lac. Un minuscule restaurant y est aménagé (“the smallest restaurant in the highlands“), il n’y a personne et j’en profite pour savourer tranquillement leur délicieux “cinnamon cake” accompagné d’un thé raffiné, et bercé par de la musique folk; Cette parenthèse dans une journée face au vent est aussi surréaliste qu’appréciable !

Alors que le paysage redevient verdoyant la traversée d’un gué dans la matinée a le mérite de bien me réveiller. Au fur et à mesure que je grimpe il  y a de plus en plus de névés à franchir, certains sont longs de plusieurs centaines de mètres. Dire qu’on est en août !

Le froid et le vent ont du m’épuiser, et j’ai du marcher un peu trop vite car vers midi, les jambes en cotons, je dois aller puiser dans mes dernières ressources pour rallier le refuge de Hrafntinnusker, situé sur un col et entouré de champs d’obsidienne étincelante. J’ai fait 16km face au vent, avec +500m de dénivelé.

Le refuge situé à 1000m d’altitude est très exposé, et il y a énormément de monde à essayer de se protéger du vent sur sa terrasse (l’intérieur du refuge est réservé à ceux qui louent le dortoir). En fait ce sont plein de trekkeurs qui font le Laugavegur dans l’autre sens et qui étaient bloqués la veille par la tempête. Il n’y a aucune tente, et le gardien du refuge me suggère très fortement, puisqu’il fait beau, de continuer jusqu’à l’étape suivante. Le camping est vraiment déconseillé ici. Ouch…

Incapable d’aller plus loin pour l’instant car je n’ai plus rien dans les jambes je me pose à l’abri du vent et je me fais à manger. Avec le froid dès que j’arrête de marcher j’ai les jambes engourdies et je ne peux pas rester immobile plus de quelques minutes.

Ce repas me redonne un peu d’énergie, assez pour repartir en tout cas. Le paysage devient rocailleux, et je croise de  nombreux “hot spots” dégageant de la fumée et crachant de l’eau bouillante. Je ne remarque même plus la forte odeur de souffre qui imprègne l’air.


Les montagnes commencent à prendre de magnifiques teintes vert-jaune-rouge, avec par-ci par-là des massifs noirs aux formes torturées. Les paysages composés par ces reliefs sont fantastiques, on croirait des peintures.

Quand j’aperçois enfin le Landmannalaugar depuis un col il me reste encore 2.4km à faire dans le Laugahraunun, un surprenant dédale de roches volcaniques dans une coulée de lave issue de l’éruption de la montagne Brennisteinsalda (en 1477).

Et me voici au camp du Landmannalaugar, à la fin de mon trek, avec un jour d’avance puisque j’ai doublé la dernière étape. Ca aura été une longue journée ! 28km avec pas mal de dénivelé et ce fort vent du Nord en permanence contre moi.

Je monte la tente avec la dextérité d’un habitué, et je cours me jeter dans les sources chaudes qui bordent le camp : l’eau y est naturellement à plus de 40°, brulante par endroits, il faut trouver le bon spot pour en profiter sans pour autant s’ébouillanter. Après cinq jours de trek ça détend délicieusement tous les muscles, c’est tellement jouissif que j’y reste 1h30…  pour en ressortir tout fripé mais totalement détendu.

Comble du luxe il y a un bus aménagé en épicerie qui permet d’acheter plein de trucs indispensables… comme du chocolat et de la bière.