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Népal

Chitwan National Park

11 avril 2018

11 avril 2018, Chitwan National Park.

Réveil avec la fièvre retombée, je revis ! Nous quittons de bonne heure le village pour une heure de marche le long de la rivière, jusqu’à repérer dans le sable les traces d’un tigre passé par là ce matin. On suit ses traces, et visiblement il n’a pas encore retraversé la rivière. Prakash décide donc d’un endroit où se poster près de la rivière pour guetter son hypothétique retour. Il est très rare de voir le tigre du Bengale, le guide qui est dans la jungle 365 jours par an n’en voit que quelques un chaque année… Prakash et Om Prakash restent au bord de la rivière pendant que je grimpe en haut d’un arbre pour faire la vigie. Perché à cinq-six mètres de haut j’ai une bonne vue sur les alentours. Le vent balance doucement mon perchoir et apporte un peu de fraîcheur (il fait 35°c).

Après six heures d’attente harcelé par toutes sortes de bestioles volantes c’est le miracle, la patience paie : “tiger !” chuchote le guide. Branle bas de combat, à 150 mètres de là un majestueux tigre du Bengale traverse lentement la rivière. Loin, mais déjà si impressionnant ! Il ne nous a pas encore vus, on rassemble nos affaires et on pique un sprint silencieux avec nos sacs à dos… dans sa direction.  Ce qui dans mon cas implique de faire taire l’instinct de survie qui me pousserait à courir dans la direction opposée. Nous voici dans les hautes herbes, avec une visibilité de moins de deux mètres autour de nous. Comme nous n’avons pas croisé de nouvelles traces de tigre c’est qu’il se trouve encore entre nous et la rivière. On trouve un spot un peu plus dégagé et les guides scrutent les herbes hautes, quand soudain le gros matou surgit dans mes jumelles : il me fixe, les yeux dans les yeux, face à moi. Ou plutôt “elle”, c’est une femelle. Son regard de prédateur est totalement hypnotisant. Sa robe est surréaliste de beauté. Elle n’est qu’à une trentaine de mètres de moi et reste ainsi immobile plusieurs secondes. De toute façon dans ma tête le temps est suspendu, le moment est fort !

Elle se cache ensuite dans les hautes herbes, on se rapproche à une petite quinzaine de mètres, mais elle aura raison de notre patience et nous repartons au bout d’une demi-heure pour être de retour au village avant la nuit.

En discutant avec les autres résidents du village Madi il s’avère que je serai le seul à avoir vu le tigre depuis plusieurs jours,  j’ai donc eu beaucoup de chance, ou bien de très bons guides !